Elvire Ménétrier

Elvire Ménétrier (1994) est une artiste plasticienne diplômée de la Villa Arson (Nice) en 2018 et du conservatoire de musique (Paris).

Sa pratique pluridisciplinaire inclue la peinture, le dessin, la sculpture, la vidéo et le son.

Elle développe un travail dans lequel dialoguent des imaginaire gores et sacrés, des références iconographiques tant au moyen âge ou au baroque qu’aux pop up publicitaires ou images pornographiques.

En manipulant des formes de représentation traditionnelles elle cherche à détourner les genres et canons, opérant une tension entre ce qui est montré et ce qui est dissimulé par le biais d’un style volontairement frontal et cru. 

Depuis 2019, Elvire Ménétrier a intégré l’atelier Panthera, espace de production et artist-run space qui accueille chaque mois des artistes en résidence et organise des évènements culturels.

Son travail fait partie de la collection Lapin Canard et a été exposé au 109, au festival OVNI à Nice, aux galeries La Nave Va, Agent Troublant, au PAC off à Marseille, à la Documenta off de Kassel et dans des artist run space parisiens.

Reaching Centrum nous donne à voir un univers fragmenté, organisé autour d’un personnage central peint à la javel. Il y a d’abord cette explosion ; de l’organique qui est expulsé au bord du cadre en laissant place à l’architecture vide du corps. La composition éclate du macroscopique au microscopique et le regard entre progressivement à l’intérieur du corps, de la transparence de son épiderme jusqu’au zoom de ses cellules. Chaque cercle multiplie les points de vue d’un paysage intérieur dessiné aux crayons de couleurs.

Le décharnement est redoublé par la structure brute du cadre métallique, directement inspiré des retables et vitraux religieux. Cette sculpture en acier est le résultat d’une collaboration avec le serrurier et chaudronnier, Luca Veuillet.

Les faux organes en cuivre flottent dans la résine, fluide corporel toxique et sanguinolent. Ce sont des organes sans corps, qui gravitent autour de la structure. Ils s’oxydent avec le temps comme des prothèses futuristes qui ne s’arrêtent pas de pourrir. 

Mise en scène dramatique, la pièce s’inspire de l’univers médical, des icônes religieuses et de l’esthétique heroic fantasy.

Elle questionne les représentations traditionnelles du corps et déjoue les canons de beauté en se concentrant sur l'intérieur.

MAKING OF

© Anais Baseilhac